Le journal de la steppe


Du diſcours à l’aion nous irons, duons-nous affronter les éléments — eau, feu, vent, tôle ondulée — et provoquer le courroux des dieux ou amilé. Et ce, pas plus tard que tout de ſuite.

Phrase à droite
Arthur Schopenhauer
Arthur Sopenhauer, explorateur des infinis tangibles.


dimane 28 février 1987 (ou 2010)

Défaillance macrocoſmique

J’en reprendai pour trois ſeſterces et tant pis  tout mon héritage y pae.



Georges aſimir,
troubadour maroquinier.

Subtances mammifères et polymorphes



La déeſſe grand-mère et ſa deſcendance, en pleine ſeſſion plénière, argumentant à qui mieux mieux ſur les bienfaits du tricôt.

Me voici donc de retour pour de nouvelles aventures. oique, en y penſant, aucune aventure n’a été entamée depuis notre dernière rencontre. Sans doute l’excès de vin frelaté en eſt-il la cauſe.

Moi, Helmut Shlomo Laudanum, fier d’un nom qui fit frémir les légions d’Aila le Hun, le ſcorbuteux au, malgré que peu de perſonnes ne connaie ce fait, vais vous narrer ſéant et faire fi de la modernité du langage quelques aventures miennes et vous eſtomaquer à défaut de vous ébouriffer, vous pauvres éevelés placides.

En l’an de grâce , moi-même, ici préſent, fus pris d’une envie preante et allai aux cabinets, tués au lieu dit de l’arrière-cour. Pipi faiſant, je vis dans mon jardin un Martien* venir, bel animal au demeurant, quoique aez petit, trois pieds x pouces  mon anglais eſt corre. elle drôle de rencontre ! e lui fis cee remarque étonnante, fin cuit que j’étais : « Bonjour ami ! el belle créature faites-vous ! Mais que diable venez-vous déranger mon quotidien morne et ſerein, tel un pinſon ? »

À cee queſtion audacieuſe, il répondit dans un idiome inconnue de moi, pauvre hère polygloe que j’étais et ſuis encore. Miſère ! Dois-je apprendre cet mille langues pour me faire comprendre ? Agacé, je lui envoyai un uppercut du droit maiſon auquel il répliqua par un tir de laſer du gaue douloureux. Mince alors ! Comprenant ma mépriſe je lui répondis néanmoins par un croet du centre et l’envoyais au tapis, et tant pis pour la bienſéance.

Cet hôte indéré vint à gér un bon moment, là, ſur la moquee. e décidai de l’enfermer dans un carcan et de ne plus lui adreer la parole juſqu’au lendemain. Grâce me fut rendu — par qui, je l’ignore — car l’ignoble individu était teigneux et tenta par trois fois de ſe libérer de ſon collier pour m’étrangler dans mon ſommeil, du moins me le perſuadai-je — n’oublions pas ma fine cuitûde. Le lendemain, repris de mes émotions, et enfin à jeun, nous décidâmes d’une trêve et devinrent copains comme coons. Amuſant, lorſque l’on ſait que les Martiens reemblent à s’y méprendre aux phacoères de notre ère Afrique.

*Ma vue n’eſt plus ce qu’elle était mais je ſais tout de même reconnaître un Martien lorſque j’en vois un ; j’ai voyagé.

dimane 21 février 1987 (ou 2010)

De la fragrance des grands fauves dans le regard

La date eſt importante. Où eſt-elle d’ailleurs ? Ah, la voilà, caée ſous la table. Aujourd’hui donc voit la naiance de ce journal hebdomadaire, fleuron de la liérature de la ſteppe, repréſentation volontaire du monde tel qu’il eſt cenſé être — ſoit inſenſé,  vous voulez mon avis.



Guſtave le Boſſu,
er contremaître cantinier.

Les frasques d’un grand animal fulminant



L’artiſte tentant de crever le bord ſupérieur de l’image arrivera-t-il a bout de ſa miſſion ? el ſuſpenſe inſoutenable.

Devoir faire le premier pas n’eſt pas mon fort ; veuillez donc m’excuſer par avance  je vous mare ſur les pieds.

L’Araoe eſt une belle ſatrapie. Un peu ſèe et ſableuſe en été, il eſt vrai, mais lorſque l’hiver revient de ſon long voyage dans l’hémiſphère ſud, il ne faut pas long avant que tout ne ſoit recouvert de la plus belle des neiges. Le printemps au n’eſt pas mal...

Mais je m’égare et en oublie de me préſenter. e ſuis. C’eſt un fait et j’en ſuis plutôt heureux. Ne pas être pourrait m’aller au comme un gant mais non, j’exiſte bel et bien. oi d’autre ? Sultan ahi eſt un ami mien. Un aeur mort au, mais c’eſt ſur les vieilles tombes que poue les plus belles fleurs. Er-Tötük eſt un gars bat mais nous ne parlerons pas de lui ici. Non. Du neuf, de la tabula raſa à ne plus ſavoir qu’en faire, voilà quel eſt notre programme.

Mon nom, car il faut bien que je me dévoile un peu  je veux un jour finir cee préſentation — remarquez que je n’ai rien a caer et que le plair eſt véritable de pouvoir ain vous renſeigner ſur ma mienne perſonne — « eſt un fort beau nom » diſait ma mère. Mince ! La phraſe s’eſt refermée d’elle-même ſans me donner le temps de donner mon patronyme, l’animal. Au pied ligne d’écriture mal élevée, tu vas tâter de mon courroux ! Mon doux nom eſt Helmut Shlomo Laudanum, ancien du bataillon d’accordéoniſte de l’armée impérial de Zoltan, coulant des jours heureux en un petit village tué dans les collines verdoyantes, au printemps du moins, du nord de l’Araoe, de mes rentes d’aventurier fantaſque et d’eſcroc extraordinaire avec ma mienne épouſe, la bégum Nilüfer Laudanum, née omarin.

Ce journal vous donnera un aperçu de ma vie, plutôt le paé que l’avenir à première vue. Du pioreſque, de la paon, du radotage et des propos rétrogrades et du ſuſpenſe... oilà ce qui eſt au menu. La première entrée étant cloſe, meons nous à table. Hmm, manger !